Dans le cadre de la formation LVSS, nous avons souhaité donner la parole à des acteurs de terrain directement concernés par ces enjeux. Nous nous sommes ainsi permis d’interroger Séverine Ferrari, secrétaire comptable au comité départemental de basket du Lot et Garonne (47) et entraîneure bénévole depuis de nombreuses années, afin de recueillir son regard sur cette formation et son impact dans ses pratiques quotidiennes.
Peux-tu te présenter et expliquer ton rôle au sein du comité et comme entraîneur ?
Je suis Séverine Ferrari. Professionnellement, je suis secrétaire comptable au sein du comité départemental de basket. En parallèle, je suis bénévole depuis une vingtaine d’années en tant qu’entraîneur d’équipes de jeunes. Cette année, j’encadre des U11 mixtes.
Dans quel cadre as-tu suivi la formation LVSS ?
J’ai suivi cette formation dans le cadre de mon activité professionnelle, avec l’objectif de pouvoir ensuite proposer des outils et transmettre des informations utiles aux clubs du territoire.
Avant la formation, quel regard avais-tu sur ces sujets dans le basket ?
Dans le basket, nous sommes déjà sensibilisés à certains aspects, notamment les relations entre entraîneurs et entraînés ou encore le respect des espaces d’intimité. En revanche, les comportements verbaux restent parfois plus flous. On peut se poser des questions sur ce qui est acceptable ou non, même lorsque l’intention de départ est positive, comme faire progresser les enfants.
As-tu déjà suivi d’autres sensibilisations sur ces problématiques ?
Oui, j’avais déjà suivi cette formation il y a un ou deux ans. J’avais donc déjà une première approche du sujet.
Qu’est-ce que cette formation t’a apporté en plus ?
Ce qui est intéressant, c’est que chaque session est différente. Selon les personnes présentes, les échanges ne sont pas les mêmes. Cette fois-ci, il y avait aussi un focus sur la question de la compétition, que nous n’avions pas forcément abordée lors de la précédente formation.
Le schéma de signalement te paraît-il plus clair aujourd’hui ?
Au sein de la fédération française de basket, nous disposons déjà d’une plateforme de signalement. La formation a permis de découvrir d’autres outils, ce qui est un vrai plus.
Cependant, sans supports visuels clairs, il peut être difficile de se souvenir des démarches à suivre au moment opportun. Avoir des repères concrets reste donc essentiel.
Qu’est-ce qui t’a le plus marqué pendant la formation ?
En tant qu’éducateur, il est parfois difficile de ne pas franchir certaines limites, même avec une intention positive. On cherche à faire progresser les enfants, à les impliquer davantage… mais cela nécessite de prendre en compte leur ressenti individuel et leur développement personnel.
Ce qui m’a marquée, c’est cette vigilance constante à adopter, qui n’est pas toujours évidente dans la pratique quotidienne.
Est-ce que cette formation a changé ta façon d’agir ?
Oui, elle m’a amenée à réfléchir davantage à l’impact de mes paroles. On prend conscience de la différence entre ce que l’on veut dire et la manière dont c’est reçu par l’enfant. Cette prise de recul est vraiment importante.
Te sens-tu aujourd’hui plus à l’aise pour aborder ces sujets ?
Pas forcément immédiatement. Ce sont des sujets qui demandent un travail dans la durée. Par exemple, face à des propos discriminants exprimés sous forme d’humour, l’effet de groupe peut rendre la réaction plus difficile. Cela demande du temps et de l’entraînement pour se sentir pleinement à l’aise.
Recommanderais-tu cette formation à d’autres encadrants ?
Oui, clairement. Cette formation permet de prendre un vrai temps de réflexion sur ses pratiques. Elle aide aussi à construire une sorte de cadre de bonne conduite, que l’on peut ensuite transmettre aux autres éducateurs et aux clubs.
Un regard qui évolue avec l’expérience
À travers ce témoignage, on comprend que la formation ne donne pas seulement des outils, mais invite surtout à une remise en question permanente. Comme dans de nombreux projets d’éducation populaire, l’objectif est d’accompagner les acteurs de terrain vers des pratiques plus conscientes, au service du développement des jeunes et du vivre-ensemble.
